L'Hymen (deuxième partie et fin)
Le matin du mariage, elle se leva à quatre heures pour commencer à se préparer. Nous passâmes chacun de notre côté la matinée. Je me préparais minutieusement, moi-même, ayant mis mon plus beau costume pour cette grande occasion !...
Vers onze heures, elle voulut absolument que je vienne la voir... Je rentrai donc timidement dans sa chambre de jeune fille où son témoin – Claire, sa meilleure amie – et deux de ses petites cousines choisies comme demoiselles d'honneur, étaient en train de rectifier sa robe et sa coiffure. Je crus apercevoir un ange directement descendu du jardin d'Eden. Un rayon du pâle Soleil annonçant une journée d'une exceptionnelle beauté vint illuminé l'être chéri. Sortant de ses cheveux d'or, les reflets donnaient l'impression qu'une limbe sacrée venait la coiffer, telle une représentation de la Sainte des Saintes...
Elle fit sortir ses demoiselles et son témoin. Nous discutâmes longuement, deux bonnes heures...
Je dus la quitter car la cérémonie n'allait pas tarder à commencer. Ses invités étaient déjà sur le parvis de l'église qui ouvrait ses portes. Je rentrais le premier pour installer les gens puis voyant qu'elle arrivait avec son père, je pris place, non sans une certaine émotion. La musique de l'orgue retentit lorsque ma Bien-Aimée passa la porte au bras de son père. Jamais seconde ne m'avait parue si longue ! Elle passa à ma hauteur, me fit un grand sourire. Il était tant que je m'avance pour que la cérémonie se déroule correctement, pour que le protocole familial et religieux soit respecté. La nervosité et l'anxiété me firent croire que tous les visages se tournaient de mon côté lors de mon passage...
Le chemin dans l'église fut parcouru, chacun des invités se tut. Le sacrement pouvait commencer.
Alors, le père lâcha le bras de la jeune fille. Je m'approchais d'un pas solennel vers elle. Mes jambes tremblaient ; je redoutais ce moment...
Ce moment où le jeune marié prit le bras de sa promise, et, où, seul derrière eux, je n'étais que le témoin, comme Claire, d'un hymen que je ne souhaitais guère...